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Cloclo

un enfant d’Égypte 

par Luc Antonini

“Cloclo”, idole de toute une génération, aujourd'hui fait encore danser, rêver. Faire sa généalogie n’est pas chose facile, surtout par le manque d’informations. Le plus difficile est de localiser des familles. Là c’est vraiment une bouteille à la mer que je lance et compte sur nos lecteurs pour donner suite à cette histoire. Marie-Josée François, la soeur du chanteur, a eu la gentillesse de répondre chaque fois à mes interrogations mais l’histoire des François est assez difficile à cerner.

L’Égypte. Dans cet endroit idyllique et peu habité, un jeune Lyonnais nommé Nicolas Joseph François vient s’installer vers le milieux du XIXe siècle, arrivant tout droit de la cité industrielle où sa famille bourgeoise mène une existence prospère. Fasciné par l’oeuvre gigantesque de Ferdinand de Lesseps.
À cette époque, il faut effectuer de longs voyages par bateau. On doit, pour échanger des nouvelles, écrire des lettres qui mettent des semaines à parvenir à leur destinataire. Et l’on comprend que ses parents s’inquiètent de cette décision.
Nicolas Joseph François est père d’ au moins deux enfants Élisa qui est né à Suez le 25 septembre 1875, fit un mariage qui convenait a ses parents en épousant Alphonse Armand Hérivaux. Élisa vecut a Saint-Priat où elle s’éteint en 1956 ayant eu trois enfants : Violette, Louise et Armand Herivaux.

Mais leur fils Adolphe, né à Ismaïlia le 13 août 1880, tombe amoureux d’une jeune italienne Vincente Di Tondon : le projet de mariage ne satisfait pas du tout ses parents. Adolphe François passe outre et épouse l’élue de son coeur. Il se coupe complètement de sa famille. Déshérité par son père il reste en Égypte où il a trois enfants : André, Armand et Aimé. Ingénieur diplômé de l’École polytechnique, Adolphe est appelé à défendre la nation lors de la Première Guerre mondiale. Caporal Fourrier au 5e Régiment d’Infanterie Adolphe meurt pour la France à Tahure (Marne) le 25 septembre 1915.
André vécut a Nice, marié, père de deux enfants : Adolphe et Arlette. Armand François, lui, vécut dans la région lyonnaise. Aimé François, le père de Claude est né à Ismaïlia le 2 mars 1908. Comme ses deux frères, André et Armand, il travaillait comme chef du trafic au canal de Suez. Ils avaient été engagés en mémoire de leur père, Adolphe.
Enfants, Claude et Marie-Josée sont d’ailleurs très impressionnés « par le cadre gravé au nom de notre grand-père qui trônait dans la chambre de leur grandmère, Vincente. Ce tableau, une reproduction d’une des façades de l’Arc de Triomphe, avait été offert par la France en guise d’hommage à notre aïeul mort pour son pays ».
Ismaïlia, ville magique vit naître une belle de histoire d’amour, celle d’Aimé François et de Lucia Mazzeï… Aimé François avait la réputation d’être un gentleman. D’une grande coquetterie, il mettait un point d’honneur à conserver des mains toujours bien soignées. Quand ses amis ne l’appelaient pas « Aimé le bien-aimé », ils le surnommaient d’ailleurs « Rudolph Valentino », en référence à l’élégant acteur italien. Claude et sa soeur on très peur de ce père sévère et distant qui n’a jamais levé la main sur eux, « mais dont nous redoutions les punitions. Il était plus strict ». Vincente François, veuve prématurement, élève ses enfants seule. Mais arrive la Révolution où tout les resortissants étrangers doivent quitter l’Égypte. Elle s’y refuse, ne veut pas quitter sa maison : le président égyptien Nasser lui octroira une dérogation et elle finira ses jours dans ce pays tant aimé.

Patronymes étudiés : FRANÇOIS – HÉRIVAUX – MAZZEI – CALLON – DI TONGO – GAMMINO – PINTORI – WOOLCOOT – FORÊT

© Généalogie Magazine N° 280

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